L’Europe, si tu l’aimes pas tu la changes ! (David Carayol)

Etudiant Erasmus en 1996 en Irlande, puis de nouveau étudiant français aux Etats-Unis en 1999 j’ai pu ressentir ce que c’était que d’être européen !

Je vis à Paris et suis provincial « d’origine » comme beaucoup de Parisiens. J’y rencontre d’autres Parisiens, certains « d’origine » et d’autres « immigrés provinciaux » de départements et / ou de régions différentes. Alors étudiant en Irlande ou lors de différents séjours en Europe j’étais français et côtoyais des amis d’autres nationalités d’autres nations européennes. Alors aux Etats-Unis puis lors de voyages en dehors de l’Europe, j’étais européen et rencontrais des voisins européens, mais aussi des amis d’autres continents et régions du globe.

Le mérite de ces voyages et de ces rencontres c’est que l’on prend conscience de ses identités multiples. Je suis tarnais, français et européen. Ni plus ni moins !

J’ai, et j’avais alors, des amis venant d’autres régions, d’autres pays, d’autres continents mais aussi des amis européens, avec qui j’apprécie et j’ai apprécié de vivre et partager des moments en commun.

J’ai ressenti vraiment pour la première fois cette identité européenne lors de mon premier voyage en dehors de l’Europe, alors étudiant aux Etats-Unis.

C’est également à ce moment là, puis plus tard de nouveau dans mes activités politiques au sein du premier mouvement citoyen trans-européen que j’ai réalisé qu’on avait plus de choses en commun entre européens que de choses qui nous séparaient. J’ai eu la chance de travailler avec un des pères fondateurs du programme Erasmus (Franck Biancheri) dans notre aventure politique et je lui suis à jamais reconnaissant pour avoir participé indirectement à travers mes expériences étudiantes puis directement lors de nos échanges, à façonner mon identité européenne.

Nous sommes attachés à notre histoire, régionale, nationale, européenne, bonne ou mauvaise et à nos traditions séculaires qui font la richesse de chaque identité.

Nous avons également en commun la défense d’un certain mode de vie, d’un idéal européen. Nous sommes conscients que tout n’a pas été rose dans l’Histoire de l’Europe, mais nous sommes attachés à quelques grands principes humanistes tels que la solidarité, la tolérance, l’ouverture d’esprit : notre modèle social européen ! Ce modèle n’est pas une construction fictive mais fut acquis de longues luttes au cours des siècles…

Ce modèle social européen si cher aux européens et qui fait la fierté des européens partout dans le monde est pourtant aujourd’hui en danger.

Partout en Europe, en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Irlande, en France on nous explique que les mesures économiques d’austérité sont les seules politiques économiques qui vaillent !

Il faut à tout prix dans ces pays flexibiliser le marché du travail, baisser les salaires, réduire les avantages sociaux (contrat de travail, retraites…) pour faire baisser le chômage de masse, véritable gangrène de nos sociétés, car c’est en licenciant plus facilement qu’on embauchera davantage (la logique même) mais aussi privatiser les services publics et tout ce qui est privatisable pour faire des économies et réduire la dette abyssale de nos pays !

La saignée sera dure mais c’est un mal nécessaire… vers un avenir meilleur… nous explique-t-on dans nos pays respectifs à longueur d’interviews de décideurs politiques ou économiques ou d’articles de presse et d’émissions radios ou télévision. Et le pire (si ça devait l’être) c’est que ces politiques nationales ne sont pas décidées dans nos pays mais au niveau européen !

Européens de France, d’Irlande, de Grèce et d’ailleurs… Vous avez donc le choix : Travailler plus longtemps et gagner moins avec moins de protection sociale et plus de « chance » de perdre votre travail ou être au chômage et n’avoir pas (ou quasiment pas) de retraite !

Et pour poser la question qui fâche : « Mais au fait pourquoi avoir mis en place ces politiques d’austérité et qui les a décidées ? »

Pour réduire la dette insoutenable de nos pays évidemment ! Consécutive à la crise financière extraordinaire de 2008, bien sûr ! Cette même crise financière créée par l’irresponsabilité des banques, comme tout le monde le sait…

Qui les a décidées ? La Troïka bien sûr ! C’est à dire :

. Le Fonds Monétaire International créé en 1945 aux États-Unis et dont la vocation est de : « promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté » (sans rire c’est marqué dans Wikipédia !!). Ce FMI qui conditionne les futurs prêts pour sortir les pays déjà largement endettés de la dette (de nouveau la logique même), et au passage rembourser (en priorité) les banques qui ont déjà été renflouées par ces mêmes états d’où l’explosion de leurs dettes…

. La Banque Centrale Européenne, dirigée par un ancien banquier à la tête d’une des banques les plus puissantes et qui a le plus œuvré et créé les conditions de cette crise, qui doit maintenir coûte que coûte la valeur de la monnaie européenne qu’est l’Euro, et prête aux banques à un taux dérisoire (autour de 1%) pour que ces mêmes banques prêtent plein pot (5% environ) aux états déjà endettés, qui donc, souvenons nous, enrichissent ces banques en temps normal en s’endettant sur le dos des citoyens et les renflouent en temps de crise lorsque malgré ça elles trouvent le moyen de faire faillite… de nouveau sur le dos des citoyens européens !

. La Commission Européenne, composée de fonctionnaires non élus, avec à sa tête l’ancien premier ministre d’un pays “exemplaire” qui est le premier paradis fiscal en Europe et comme prédécesseur un des nouveaux vice-présidents de la même banque que le dirigeant de la Banque Centrale Européenne citée ci-dessus ! Cette même Commission européenne qui décide de libéraliser à tout va l’économie européenne dans nos pays.

Cela fait dire à certains que ces politiques sont « un peu trop idéologiques » et « non démocratiques ». Ah bon !!?

Le premier pays à avoir fait les frais de cette politique en Europe fut la Grèce. Cela fait bientôt 10 ans que la Grèce est sous perfusion. Évidemment c’est de leur faute comme on nous l’a expliqué à longueur d’articles, d’émissions de radio et de télévision alors. Les Grecs sont de mauvais européens, c’est normal qu’ils payent pour leurs fautes ! De la faute de leurs dirigeants, c’est sûr, de la faute de certaines banques qui ont maquillé les comptes de la Grèce pour qu’elle puisse rentrer dans la zone Euro, dont celle-la même qui a débauché l’ancien président de la Commission Européenne et avait à sa tête en Europe l’actuel président de la Banque Centrale Européenne certainement, du peuple grec certainement pas !

Manque de bol la crise de 2008 s’étant étendue à plusieurs pays d’Europe dont justement l’Italie, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne… cette même troïka à prescrit servilement les mêmes traitements pour résoudre l’endettement de ces pays ! Tous ces pays (du Sud pour la plupart) sont évidemment de mauvais élèves européens !

Alors est-ce que ce traitement fonctionne ?

Allez demander aux Grecs si la situation s’est améliorée depuis le début de ce traitement de cheval !?

Certains diront que ces réformes nécessaires furent un succès il y a 15 ans en Allemagne… Évidemment le chômage a baissé, mais où en sont la précarité et la pauvreté ? Je vous laisse vous faire votre opinion au gré de vos recherches sur Internet…

Alors où je veux en venir après avoir exposé ces faits qui sont déjà largement documentés et mon aparté en début d’article sur mon identité européenne ?

Franchement, je n’aurai pas eu mon expérience Erasmus, mes expériences européennes et internationales, je voterai ou militerai déjà en faveur de ceux qui veulent sortir de l’Europe, entendez de l’Union Européenne !

Comment peut-on faire confiance à une caste, ou oligarchie, qui fait la pluie et le mauvais temps sur tant de monde en Europe : et au nom de l’intérêt général, des européens qui plus est !

L’Europe, entendez l’Union Européenne vaut mieux que sa construction actuelle, initiée et construite dès le début par et pour des intérêts économiques à l’abri des peuples et des passions qui avaient mené à la guerre. D’accord il n’y pas eu de guerre depuis. Mais elle est gérée par des bureaucrates au mieux déconnectés, au pire complices de la réalité des centaines de millions d’européens qui voient leur niveau de vie nivelé vers le bas au fur et à mesure des politiques menées par ce monstre idéologique sans tête qu’elle est devenue !

Ne vous inquiétez pas disent sans sourciller les visionnaires de Bruxelles, les peuples comprendront comme les britanniques post-Brexit qu’ils ont fait une erreur en sortant de l’Europe ! En êtes vous si certains ?

Le fait est que je suis plutôt d’accord avec cette citation : « Soit l’Europe se démocratise, soit elle se désintégrera ! » du fondateur de DIEM25 et ancien ministre grec des finances Yanis Varoufakis. Et la Grande Bretagne ne pourrait être que le premier d’une longue série…

Vous en doutez ? Regardez le succès des formations de droite conservatrice nationalistes et de partis anti-européens. Regardez la dernière manifestation d’extrême droite en Pologne ce weekend !

Est-il encore temps de sauver ce qui est encore à sauver ? Notre modèle social européen, notre unité entre européens et notre volonté d’être un ensemble de peuples européens basé sur des valeurs et des principes humanistes communs !

Je le crois, c’est pour cela que je me suis investi dans Newropeans, fondé en 2005 par Franck Biancheri: le premier mouvement politique transeuropéen dans l’histoire citoyenne européenne à militer pour démocratiser l’Union Européenne, qui proposa un seul programme politique complet à tous les européens via une seule liste de parti aux élections européennes de 2009, et notamment en France, Allemagne et Pays-Bas.

(ndlr: en vérité le tout premier mouvement de ce genre était IDE en 1989, qui avait également été fondé par Franck Biancheri, mais aucune de ces deux expériences n’a jusuqu’à présent été retentée par aucune autre formation politique)

C’est pour cela qu’aujourd’hui j’ai décidé de militer pour DIEM25 « Democracy In Europe Movement » pour démocratiser l’Union Européenne et ce dès les élections européennes de 2019. Parmi les principes de DIEM25 une première mesure qui me plaît bien, un New Deal pour l’Europe pour contrer les politiques mortifères de Bruxelles déclinées dans nos différents pays et stabiliser d’urgence les situations économiques nationales avant de démocratiser l’Union Européenne !

J’espère sincèrement pouvoir apporter ma pierre à l’édifice et par cet article, et par mon expérience trans-européenne à Newropeans, et par l’intermédiaire de DIEM25.

Ce qui peut se faire, peut se défaire. Ce qui est fait, peut se changer !

L’Europe si tu l’aimes pas, tu la changes !

C’est ma conviction !

David Carayol

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